Les trames verte, bleue et noire du territoire Roumois Seine : un outil pour concilier la biodiversité et l’aménagement du territoire  

Dans un contexte de lutte contre l’érosion de la biodiversité, en partie liée à la fragmentation et à la perte d’habitats, la Communauté de communes Roumois Seine a entrepris l’étude des trames verte, bleue et noire à l’échelle de son territoire. 

Les trames sont des réseaux constitués de réservoirs de biodiversité et de corridors écologiques qui les relient. Ces ensembles forment des continuités écologiques permettant aux espèces, notamment faunistiques, de se déplacer. 

Les réservoirs de biodiversité sont des espaces naturels présentant une importante diversité du vivant, où les espèces ont la possibilité d’effectuer tout ou partie de leur cycle de vie (alimentation, reproduction, repos …). Par exemple sur notre territoire, la forêt de Mauny, la Seine, les zones humides de la vallée de Seine et le Marais Vernier sont des réservoirs de biodiversité.  

Des corridors écologiques assurent des connexions entre ces réservoirs et offrent des conditions favorables aux déplacements des espèces. Ils peuvent être linéaires, comme les réseaux de haies, discontinus, comme les bosquets, ou encore paysagers, comme les prairies entre la forêt de la Londe Rouvray et la forêt domaniale de Montfort. 

 

@Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande

Les trames ont pour objectif de préserver et de restaurer des réseaux écologiques cohérents, en favorisant les continuités terrestres (trame verte), aquatiques (trame bleue) et nocturnes (trame noire). Elles visent ainsi à accroître la surface et la qualité des habitats favorables pour la faune et la flore, tout en assurant leur connexion fonctionnelle.

La trame verte correspond principalement à l’ensemble des forêts, bocages et prairies ; la continuité de ces milieux est importante pour : les grands mammifères, les insectes, les reptiles…

  L’Écureuil roux @ A. Lebourgeois

 

La trame bleue intègre les milieux humides et aquatiques ; leur protection permet notamment de préserver les insectes qui en dépendent, les mammifères semi-aquatiques, les amphibiens…

La grenouille verte @ A. Lehoux

 

La trame noire vise à diminuer l’impact de la pollution lumineuse sur les tous les êtres vivants (y compris l’humain), ainsi qu’à préserver le cycle jour/nuit et le paysage nocturne. Celle-ci se superpose à la trame verte et bleue selon le schéma suivant.

@Grand Poitiers Communauté

La Chevêche d’Athéna @Adobe Stock

 

En effet, la pollution lumineuse impacte une grande partie de la biodiversité puisque 95 % des papillons, 90 % des amphibiens et 60 % des mammifères sont nocturnes. En perturbant les rythmes circadiens et les cycles de sommeil, cette pollution a également de nombreux impacts sur notre santé. La réduction de la pollution lumineuse permet d’assurer une meilleure qualité de sommeil pour l’humain, limite le dérangement et la désorientation de la faune et améliore l’observation du ciel et de ses étoiles.

 

L’objectif de l’étude que mène la CC Roumois Seine est de recenser les différents milieux naturels ou non (comme les cultures et les prairies) du territoire, modéliser le déplacement des espèces afin d’identifier les continuités ou les discontinuités entre les habitats à l’échelle du territoire, mais également à une échelle plus large (continuités avec les territoires voisins). Le travail de recensement des habitats et des liens qui les relient permet également d’identifier les continuités écologiques dégradées ou peu fonctionnelles, qui feront l’objet de travaux de restauration écologique. Cette étude permettra ainsi de prioriser les actions de restauration écologique à mettre en place à court et moyen terme.

 

L’intégration de ces continuités écologiques dans les documents de planification territoriale permettra de concilier les enjeux d’aménagement du territoire avec ceux de la préservation de la biodiversité. La restauration des trames écologiques contribue à assurer leur bon fonctionnement et à rendre les écosystèmes, ainsi que le territoire, plus résilients face aux changements globaux.

 

Bibliographie :

  • Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande (2026). Dossier : trame verte et bleue. L’écho des Boucles. 7 pages
  • Aliadiere O., Ducroux AM. et Dupuy N. (2024). Fiche médiation faune sauvage : pollution lumineuse. Ligue pour la Protection des Oiseaux. 4 pages
  • Sordello R., Paquier F. et Daloz A. (2021). Trame noire, méthodologie d’élaboration et outils pour sa mise en œuvre. Office français de la biodiversité. Collection Comprendre pour agir. 112 pages
  • Site internet : Centre de ressources Trame verte et bleue, consulté en avril 2026.